Pour résumer ce livre, c'est l'histoire de Beowulf racontée du point de vue de Grendel. Il observe pas à pas la naissance d'un empire, sur la base de querelles de voisinage et d'annexions de village. Un processus complétement désorganisé donc, non guidé par une quelconque volontée mais juste par la convoitise des humains. Puis un chef émerge, et devient si puissant qu'il attire le meilleur barde du pays à sa cour. Ce barde ré-écrit l'histoire en injectant de la volonté là où il y a avait du hasard, des grands sentiments là où il s'agissait de revanche ou d'envie... Bref, il rend l'histoire belle au lieu de la présenter comme elle était. Les hommes qui ont participé à cette histoire, et qui sont donc bien placés pour savoir ce qu'il en est réellement, sont convaincus par le barde. Ce qui rend Grendel fou furieux. Mais il lui reste la question : pourquoi pas ? Est ce que croire à un mensonge ne peut pas rendre l'homme meilleur ?
"Il refaçonne le monde, murmurai-je (càd Grendel) d'un ton agressif. C'est ce qu'implique son nom de créateur. Il regarde fixement ce monde sans âme de ses yeux étranges, et change en or des bouts de bois sec."- Grendel, chapitre 4.
"Et en changeant l'esprit des hommes, il en tire le meilleur. Pourquoi pas ?" - Grendel, chapitre 4.